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Le cerveau reste l’organe que l’on connaît le moins bien, et c’est précisément ce qui attire chaque année des étudiants vers les neurosciences. J’avoue avoir longtemps cru qu’il fallait forcément passer par médecine pour y accéder. Erreur : les portes d’entrée sont bien plus nombreuses qu’on ne l’imagine.
Biologie, psychologie, informatique, ingénierie, sciences cognitives… Les formations se croisent et se complètent, ce qui peut vite semer le doute au moment de choisir. Licence, master, doctorat, écoles spécialisées : par où commencer quand on a envie de comprendre comment pense l’être humain ?
Terminales.fr fait le point sur les diplômes qui mènent aux neurosciences et sur les parcours possibles pour y parvenir.
De la Licence au Master, le socle universitaire des neurosciences
L’entrée en master de neurosciences exige une licence en lien avec la discipline, comme la psychologie ou les sciences de la vie. Le diplôme visé correspond à un niveau bac +5 et associe biologie et santé autour du fonctionnement du cerveau.
À l’Université Paris-Saclay, la licence Sciences de la Vie repose sur des unités d’enseignement fondamentales en physiologie animale et en biologie cellulaire. Des options permettent de s’initier progressivement au domaine : « Le cerveau au quotidien » et « Éthologie » en L1, « Neurosciences et pathologies cognitives » en L2, puis « Physiologie des Régulations Endocrines et Neurosciences » ou « Comportement animal » en L3.
Avant de choisir leur master, les étudiants peuvent effectuer des stages dans les équipes de l’institut NeuroPSI, obligatoires ou facultatifs. Le master Biologie Santé prend ensuite le relais, avec en M1 une plateforme majeure et des UE de neurobiologie, de biologie du comportement ou de neurophysiopathologies, puis en M2 cinq parcours internationaux tournés vers les neurosciences.
La première année d’un master de ce type initie à la recherche et comprend un stage de 4 semaines. En deuxième année, le stage occupe la moitié du temps, comme ces projets de 5 à 6 mois menés à NeuroPSI sur la cartographie de l’activité neuronale chez la larve de drosophile.
Le master Neurosciences de Montpellier, un exemple de spécialisation
À l’Université de Montpellier, le parcours Neurosciences du Master Biologie Santé, 120 crédits ECTS, se déroule sur deux ans, avec des cours en français et en anglais. Le taux de réussite y atteint 90 à 100 %.
Biologistes, chimistes, médecins, pharmaciens et ingénieurs, tous ces profils peuvent intégrer la formation, centrée sur les fonctions physiopathologiques du système nerveux. Les enseignements couvrent les aspects moléculaires, cellulaires et intégrés de la communication neuronale, en fonctionnement normal comme pathologique.
Le programme insiste sur les liens entre recherche fondamentale, translationnelle et clinique, visant le développement de thérapies innovantes contre les maladies neurologiques et psychiatriques. Deux UE d’automne de 5 crédits illustrent cette orientation : la neurobiologie des comportements et la neuropsychopharmacologie, consacrée notamment aux psychotropes utilisés contre la dépression, la schizophrénie et l’anxiété.
Les compétences attendues englobent la conduite d’un projet de recherche, l’analyse de données et la synthèse d’articles scientifiques en anglais. À l’issue des deux années, les diplômés doivent pouvoir rejoindre un laboratoire comme doctorants ou ingénieurs.
Doctorat, médecine ou emploi : les suites après un bac +5
Le doctorat reste indispensable pour mener une carrière de chercheur. Très sélectif, il suppose de trouver un sujet de thèse et un directeur, ouvrant notamment la voie aux postes de neurobiologiste à l’INSERM ou au CNRS et d’enseignant-chercheur.
Une passerelle permettant d’entrer directement en troisième année de médecine existe également. Le master seul ne permet toutefois pas de devenir neurologue, profession nécessitant 8 années d’études médicales.
| Métier | Diplôme requis | Salaire brut mensuel moyen |
|---|---|---|
| Neurobiologiste (début de carrière) | Doctorat | 2 038 € |
| Enseignant-chercheur | Doctorat | 2 715 € |
| Neurologue | Études de médecine (8 ans) | 5 661 € |
De nombreux métiers restent accessibles dès le bac +5, notamment des emplois de cadres en recherche et développement. Selon le parcours suivi, le master peut aussi orienter vers l’ingénierie, comme l’intelligence artificielle, ou vers la pharmacologie et les pathologies neurodégénératives.
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Neuropsychologie, sciences cognitives, technique : d’autres diplômes pour étudier le cerveau
La psychologie, une voie d’accès à la clinique du cerveau
Les neurosciences ne relèvent pas uniquement de la biologie. Du côté des sciences humaines, le master de psychologie, parcours neuropsychologie, forme des spécialistes chargés d’évaluer et de rééduquer les troubles cognitifs liés à une lésion cérébrale, un AVC ou une maladie neurodégénérative. L’usage du titre de psychologue est encadré par la loi : il faut avoir validé une licence et un master de psychologie, complétés par un stage professionnel d’au moins 500 heures.
Pour exercer comme neuropsychologue, la référence reste le master de psychologie spécialisé, seul diplôme ouvrant droit au titre réglementé de psychologue.
Ces professionnels exercent en service hospitalier de neurologie, en centre mémoire ou en structure de rééducation. L’orthophonie complète ce panorama paramédical : accessible après cinq années d’études, le certificat de capacité d’orthophoniste conduit à prendre en charge les troubles du langage d’origine neurologique, comme l’aphasie.
Les sciences cognitives, un carrefour interdisciplinaire
Linguistique, informatique, philosophie, psychologie expérimentale, toutes ces disciplines convergent dans les masters de sciences cognitives, qui étudient l’esprit en croisant les méthodes. Le Cogmaster, porté conjointement par l’École normale supérieure, l’EHESS et l’Université Paris Cité, en constitue l’un des exemples les plus connus en France. « Nous accueillons des étudiants venus de cursus très différents, car comprendre la cognition exige de combiner plusieurs regards », souligne une responsable pédagogique de ce type de formation. Ces cursus préparent aussi bien à la recherche qu’aux métiers de l’ergonomie, de l’interaction homme-machine ou des neurotechnologies, plusieurs écoles d’ingénieurs proposant désormais des options dédiées aux interfaces cerveau-machine.
Des formations courtes pour les métiers techniques
Les laboratoires de neurosciences recrutent également des techniciens, les équipes s’appuyant sur eux pour la préparation d’échantillons, l’imagerie ou l’entretien des modèles animaux. Ces postes restent néanmoins accessibles sans bac +5, plusieurs diplômes y conduisant :
- le BUT Génie biologique, en trois ans, avec des parcours orientés vers la biologie médicale et la biotechnologie ;
- le BTS Bioanalyses et contrôles, en deux ans, axé sur les techniques d’analyse en laboratoire ;
- la licence professionnelle en biotechnologies, qui offre une spécialisation rapide après un bac +2.
« Le technicien est un maillon indispensable de la chaîne expérimentale », rappelle un responsable des ressources humaines d’un organisme public de recherche, ces profils pouvant ensuite évoluer vers des fonctions d’ingénieur d’études grâce à la formation continue ou à la validation des acquis de l’expérience.
Les études pour devenir chercheur en neurosciences
Le parcours débute par une licence de niveau bac+3, plusieurs disciplines ouvrant la voie : Sciences pour la santé, Sciences cognitives, Informatique ou Physique. Cette diversité des points d’entrée reflète le caractère pluridisciplinaire du domaine, à la croisée de la biologie, de la cognition et des technologies.
Vient ensuite le master Neurosciences, un diplôme national proposant différents parcours, notamment en neurosciences cognitives, en neurosciences computationnelles et en neuro-ingénierie. Physiologie, Biologie intégrative, Neuro-ingénierie, Génie biomédical : d’autres masters proches permettent également de rejoindre ce secteur.
La formation se prolonge par un doctorat de niveau bac+8, pouvant être réalisé en neurosciences, en biologie, en psychologie, en médecine ou en ingénierie. La voie médicale constitue toutefois une alternative distincte, menant aussi vers la psychiatrie ou la neurochirurgie.

