Parcoursup 2027 : prendre un temps d’avance, c'est mieux..
Commencer tôt : c'est pouvoir décider sans pression et surtout ne pas subir son orientation.
Peu de filières auront autant changé de visage que l’entrée en études de santé. Après la PACES, puis le duo PASS et LAS, voici la Licence Portail Santé, ou LPS. J’avoue que même les familles les mieux informées s’y perdent un peu, et c’est bien normal.
Derrière ce nouveau sigle, il y a pourtant une vraie question pour les lycéens : comment accéder demain à médecine, pharmacie, maïeutique, odontologie ou kinésithérapie ? Ce qui change concrètement, ce qui reste identique, et la façon de s’y préparer, voilà ce qui compte vraiment avant de remplir ses vœux.
Terminales.fr vous explique ce qu’est la LPS et en quoi elle remplace les anciens PASS et LAS.
La LPS, c’est quoi au juste ? (le nouveau sas d’entrée en santé)
La Licence Portail Santé (LPS) est une première année de licence qui devient, à la rentrée universitaire 2027, la voie unique d’accès aux études de médecine, de pharmacie, d’odontologie et de maïeutique. Elle deviendra aussi, à terme, la porte d’entrée vers la kinésithérapie. Concrètement, la licence portail santé remplacera le PASS/LAS dès la rentrée 2027. C’est le décret n° 2026-988 du 23 octobre 2026 qui acte ce changement, sa publication ayant été annoncée le lendemain par Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, et Stéphanie Rist, ministre de la Santé.
Pourquoi tout changer, alors que le PASS/LAS n’a que quelques années ? Créé en 2020, ce dispositif a pourtant marqué des points : moins de redoublements, des profils d’étudiants plus nombreux. Son talon d’Achille, c’était sa complexité. Les lycéens et leurs familles s’y perdaient, entre une organisation et une sélection qui changeaient du tout au tout d’une université à l’autre. Vous avez déjà essayé de comparer deux LAS de deux facs différentes ? Vous voyez le casse-tête.
La réforme, issue d’une concertation avec les universités, les enseignants et les étudiants, vise donc un accès plus lisible et plus équitable, plus favorable aussi à la réussite. Stéphanie Rist résume l’esprit du texte : garder l’exigence des études de santé, tout en réduisant la pression inutile qui pèse sur la première année. Autre nouveauté appréciable, le modèle pourra être déployé partout, y compris dans les territoires qui n’offraient jusqu’ici aucune voie d’accès aux études de santé.
Ce que vous allez étudier (trois blocs, un seul objectif)
La LPS repose sur un principe simple : associer, de manière équilibrée, des enseignements en santé, une autre discipline et des compétences transversales. La première année devrait compter 60 crédits ECTS, répartis de la façon suivante :
- Bloc santé (24 à 30 ECTS) : les fondamentaux scientifiques, dans un cadre plus harmonisé entre universités qu’à l’époque du PASS/LAS.
- Bloc disciplinaire (24 à 30 ECTS) : une discipline complémentaire, par exemple sciences de la vie, droit, psychologie ou STAPS, selon l’offre de chaque établissement.
- Bloc transversal (6 à 12 ECTS) : compétences psychosociales, communication, éthique, sciences humaines et sociales.
Ce bloc disciplinaire n’a rien d’un accessoire. C’est lui qui vous garantit un plan B solide : si vous n’êtes pas admis en santé, vous pourrez poursuivre dans la discipline choisie sans perdre le bénéfice de votre année. Choisissez-le donc avec sérieux, comme une vraie filière que vous seriez prêt à suivre, pas comme une case à cocher.
À l’Université de Rennes, par exemple, la formation est portée par la faculté de médecine et maïeutique, la faculté de pharmacie et l’UFR d’odontologie. Elle mène à un niveau bac+1, en français, avec des cours en présentiel et à distance. Au bout du chemin, selon le parcours suivi : médecin généraliste ou spécialiste, pharmacien (officine, industrie, recherche), chirurgien-dentiste ou orthodontiste, sage-femme ou maïeuticien.
Sélection, deuxième chance et réorientation (ce qui change vraiment)
Soyons francs : la LPS ne supprime pas la sélection. Les capacités d’accueil restent limitées, et l’admission en deuxième année de médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie ou kinésithérapie reposera sur plusieurs critères :
- la validation de l’année ;
- des exigences de résultats dans les blocs santé et disciplinaire ;
- un classement ;
- éventuellement des épreuves complémentaires, selon l’université.
La bonne nouvelle, c’est que les modalités de classement seront harmonisées, quels que soient votre parcours ou votre territoire. Fini le sentiment que tout se joue sur des règles locales opaques.
Chaque étudiant conserve par ailleurs deux possibilités de candidature, en L1 et en L2, à condition de remplir les conditions requises. Le redoublement, impossible en PASS, doit faire son retour sous conditions, sans ouvrir automatiquement droit à une candidature supplémentaire ; ses règles précises restent à confirmer. Ne comptez donc pas dessus comme une roue de secours garantie.
L’accès par passerelle est élargi aux titulaires d’une licence, même s’ils ne sont pas passés par la LPS. Autrement dit, rater la marche en première année ne ferme pas définitivement la porte des études de santé.
Candidater en pratique (Parcoursup, lycée et calendrier)
L’inscription passe par Parcoursup dès la campagne pour la rentrée 2027. Le fonctionnement se simplifie : vous formulez un seul vœu en licence portail santé, assorti d’un ou plusieurs sous-vœux disciplinaires. Les fiches officielles de chaque formation préciseront les disciplines proposées, les capacités d’accueil et les critères d’admission. Lisez-les attentivement, car l’offre disciplinaire varie d’une université à l’autre.
Parcoursup 2027 : prendre un temps d’avance, c'est mieux..
Commencer tôt : c'est pouvoir décider sans pression et surtout ne pas subir son orientation.
Côté calendrier, l’exemple de Rennes donne un bon repère : dépôt des vœux de mi-janvier à mi-mars 2027, puis inscription administrative obligatoire début juillet 2027. La formation y est ouverte en formation initiale comme en formation continue, et les informations détaillées sont relayées lors des journées portes ouvertes, des salons régionaux d’orientation et d’un webinaire destiné aux lycéens et à leurs familles.
SVT, physique-chimie, mathématiques : ces spécialités constituent de vrais atouts au lycée pour viser la LPS. Méfiez-vous toutefois des choix par réflexe ; mieux vaut des spécialités dans lesquelles vous réussissez et qui collent aux attendus des universités que des matières subies.
Deux points pratiques à anticiper. Les droits d’inscription sont fixés chaque année au niveau national, et les étudiants boursiers en sont exonérés. Si vous êtes en situation de handicap, contactez le plus tôt possible le service dédié de votre université (à Rennes, le pôle vie étudiante), qui instruit les demandes d’aménagement des cours ou des études. Une démarche engagée tôt, c’est une rentrée sereine.
LPS : comment s’y préparer sans se tromper de combat ?
Êtes-vous concerné ? (tout dépend de votre année de bac)
Si vous passez le bac en 2027, vous faites partie de la toute première promotion LPS : pas de comparaison possible avec les années précédentes, pas d’annales propres au nouveau format. C’est déstabilisant, mais c’est aussi une chance, puisque tout le monde part sur la même ligne de départ. Vous êtes déjà en PASS ou en LAS ? Votre parcours suit les règles en vigueur au moment de votre inscription, et les éventuelles mesures de transition passent par votre université. Le bon réflexe consiste à interroger directement votre scolarité plutôt qu’à vous fier aux rumeurs des groupes d’étudiants, souvent alarmistes et rarement exacts.
Choisir sa fac et sa discipline (la décision qui pèse le plus)
On a tendance à viser la fac la plus prestigieuse ou la plus proche, alors que le vrai critère, c’est l’adéquation entre l’offre disciplinaire et votre projet. Avant de valider vos sous-vœux, posez-vous la bonne question :
Si je ne suis pas admis en santé, ai-je vraiment envie de continuer dans cette discipline l'année prochaine ?
Pour trancher, profitez des journées portes ouvertes en arrivant avec des questions précises :
- Combien de places en santé pour combien d’inscrits dans ma discipline ?
- Comment s’organise l’emploi du temps entre le bloc santé et le bloc disciplinaire ?
- Existe-t-il un tutorat étudiant pour accompagner les primo-entrants ?
- Quels débouchés en L2 et L3 si je reste dans la discipline choisie ?
Réussir l’année (la méthode avant le bachotage)
Organisation, régularité, sommeil : ces trois piliers font davantage la différence que le nombre d’heures passées à surligner des polys. Une prépa privée n’a rien d’obligatoire ; coûteuse, elle ne remplace jamais un travail personnel bien rythmé, et le tutorat associatif proposé dans de nombreuses facs offre souvent un entraînement gratuit et calibré. Pensez enfin à ne négliger aucun bloc. Le bloc transversal, même s’il paraît plus léger, compte dans la validation de l’année, et le bloc disciplinaire conditionne votre admission en santé : travailler uniquement les matières médicales, c’est se tirer une balle dans le pied.
LPS et kiné : ce qu’il faut savoir (avant de vous lancer)
Bonne nouvelle pour qui redoute un parcours 100 % disciplinaire : la LPS intègre un bloc transversal qui comprend de l’anglais et de l’orientation. Pas de simple formalité ici, puisque ce bloc fait partie intégrante de la formation et aide à construire son projet tout au long de l’année.
Côté kinésithérapie, en revanche, prudence absolue : l’accès à la kiné par la LPS dépend des universités. Rien n’est automatique ni garanti partout, même si la LPS semble a priori ouvrir la porte. Le réflexe à adopter ? Vérifier directement auprès de chaque université visée si la kinésithérapie fait bien partie des débouchés proposés via ce parcours, et ce avant de formuler ses vœux.

