Le Québec, longtemps considéré comme une terre d’accueil prisée par les étudiants étrangers, envisage de réduire leur nombre de manière significative. Cette décision, qui pourrait rappeler certaines politiques américaines, suscite de nombreuses interrogations. Pourquoi un tel revirement dans une province historiquement ouverte à l’international ?
Pour les universités québécoises, cette mesure pourrait avoir des conséquences notables sur leur financement et leur diversité culturelle. Les étudiants étrangers représentent une source de revenus non négligeable et contribuent à enrichir le tissu social et académique local. Pourtant, le gouvernement semble prêt à sacrifier ces avantages pour prioriser d’autres objectifs.
Terminales.fr revient sur une décision qui pourrait transformer la réputation de l’éducation supérieure au Québec et ses répercussions sur la scène internationale.
Pourquoi les universités québécoises font-elles face à une crise ?
Entre avril 2024 et avril 2025, les universités québécoises ont enregistré en moyenne une chute de 45,9 % des demandes d’admission en provenance de l’étranger. Cette baisse, révélée par une étude du cabinet Volume 10 et relayée par Le Devoir, inquiète. Les universités québécoises dépendent fortement des étudiants internationaux pour leur survie financière et leur dynamisme scientifique.
Le rapport “Savoirs sans frontières” met en lumière l’impact potentiel de cette baisse sur divers secteurs économiques.
Sans l’apport des étudiants étrangers, nombreux programmes pourraient ne plus être assurés dès l’automne prochain. La vitalité économique du Québec pourrait en être sérieusement affectée.
Les politiques gouvernementales en cause ?
En 2024, le gouvernement d’Ottawa a réduit de 35 % le nombre de permis d’études délivrables aux étudiants étrangers, avec une baisse supplémentaire de 10 % du plafond. Parallèlement, le gouvernement du Québec a instauré des quotas d’étudiants étrangers. Ces décisions politiques, combinées, envoient des signaux négatifs aux talents internationaux.
Depuis 2020, 11 modifications ont été apportées aux politiques d’admission des étudiants internationaux par les gouvernements Legault et Ottawa. Ces changements ont un impact dévastateur sur la capacité des universités à attirer des étudiants étrangers. Les établissements québécois peinent à maintenir leur attractivité dans ce contexte.
Quel avenir pour la recherche universitaire ?
Félix-Antoine Joli-Coeur, du cabinet Volume 10, souligne l’importance des étudiants étrangers en deuxième et troisième cycle. Un tiers des inscrits dans ces cycles sont des étudiants internationaux. Sans eux, il serait impossible de maintenir l’intensité de la recherche universitaire.
Le risque est grand que certains programmes universitaires ne puissent plus être assurés. Les universités québécoises doivent trouver des solutions pour pallier cette baisse des effectifs. La recherche scientifique, essentielle à l’innovation, pourrait en pâtir gravement.
Année |
Chute des demandes (%) |
|---|---|
2024-2025 |
45,9 |
Quelles alternatives pour attirer de nouveaux talents au Québec ?
Face à la diminution des étudiants étrangers, il est capital d’explorer des solutions innovantes pour maintenir l’attractivité des universités québécoises. Un axe potentiel serait de renforcer les partenariats avec des institutions académiques à l’international. En développant des programmes d’échange et de double diplôme, les universités québécoises pourraient diversifier leurs sources d’étudiants tout en enrichissant leurs offres académiques. Ces initiatives permettraient non seulement d’attirer des étudiants, mais aussi de favoriser un échange culturel bénéfique pour l’ensemble des parties impliquées.
Un autre levier pourrait être d’investir dans la promotion des programmes d’études en ligne. Les cours en ligne offrent une flexibilité qui peut séduire un public international ne pouvant pas se déplacer physiquement au Québec. En développant des cursus numériques de haute qualité, les universités pourraient capter l’intérêt d’étudiants à travers le monde. Cette approche permettrait également de réduire les coûts liés à la mobilité étudiante tout en augmentant le rayonnement international des établissements québécois.
Il serait pertinent d’explorer des incitations financières pour les étudiants étrangers. Des bourses d’études ciblées et des aides financières pourraient être mises en place pour alléger le fardeau économique que représente l’étude à l’étranger. En parallèle, des partenariats avec des entreprises locales pourraient offrir des stages rémunérés, renforçant ainsi l’attractivité du Québec comme destination académique et professionnelle. Cette stratégie contribuerait à attirer des talents diversifiés tout en répondant aux besoins du marché du travail local.
Le Québec peut-il atteindre ses objectifs en matière d’immigration ?
Le Québec a récemment dévoilé son plan annuel d’immigration pour 2025, avec un objectif ambitieux de 50 000 admissions régulières de résidents permanents, incluant environ 15 000 diplômés du Québec. Cette initiative vise à renforcer la population active et à soutenir la croissance économique de la province. En mettant l’accent sur les diplômés locaux, le Québec espère retenir les talents formés sur place, contribuant ainsi à un développement durable.
En parallèle, le Québec prévoit d’affiner ses cibles pour les résidents temporaires d’ici 2026-2027, avec une attention particulière portée aux étudiants étrangers. Cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus large visant à diversifier les sources de main-d’œuvre et à enrichir le tissu social québécois. Ottawa, de son côté, a ajusté son plafond de permis d’études, le fixant à 437 000 pour 2025, une baisse par rapport à 2024.
Un aspect capital de la stratégie du Québec est la priorité accordée aux immigrants francophones. En renforçant cette priorité, la province espère maintenir et promouvoir la langue française tout en attirant des talents qui partagent cette culture linguistique. Cette orientation pourrait jouer un rôle clé dans l’intégration harmonieuse des nouveaux arrivants et le maintien de l’identité culturelle unique du Québec.
Québec veut réduire le nombre d’étudiants étrangers dans sa province
