Pacte enseignant : ce qu’on leur demande pour être mieux payés est aberrant

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Alors que l’éducation est souvent au cœur des débats en France, un nouveau dispositif suscite l’attention : le pacte enseignant. Ce projet ambitieux, introduit par le gouvernement, vise à transformer le quotidien des enseignants tout en renforçant la qualité de l’éducation. Mais que cache réellement ce pacte et quels sont ses objectifs concrets pour les acteurs du monde éducatif ?

Face à des attentes toujours plus grandes de la part des élèves, des parents et de la société, le pacte enseignant pourrait bien être la clé d’une réforme attendue depuis longtemps.

Quels changements promet-il pour les enseignants et comment pourrait-il impacter l’avenir de l’éducation en France ? terminales.fr vous explique tout.

Quel est le coût du Pacte enseignant ?

Le Pacte enseignant pour l’année scolaire 2023-2024 est estimé à 748,7 millions d’euros. Cette somme vise à offrir un complément de rémunération aux personnels volontaires, incluant enseignants, conseillers principaux d’éducation et psychologues de l’éducation nationale.

En échange, ces personnels s’engagent à réaliser des missions supplémentaires. L’objectif est de revaloriser les salaires et de transformer les pratiques professionnelles pour améliorer le service public de l’éducation.

Environ un tiers des enseignants participent à ce dispositif. La participation reste inégale et son développement se poursuit. Le circuit de gestion du Pacte suit une logique contractuelle avec un paiement mensuel anticipé. Malgré la mise en place d’outils de maîtrise des risques, leur application reste inégale, ce qui nécessite une approche plus globale du régime indemnitaire des enseignants.

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Quels sont les premiers effets observés ?

Le Pacte enseignant a déjà montré des premiers effets positifs. Les domaines concernés englobent le remplacement de courte durée, le soutien aux élèves en difficulté, l’accompagnement aux devoirs et les projets pédagogiques. Ces initiatives visent à répondre aux besoins éducatifs particuliers des élèves.

Pour une meilleure compréhension de l’impact du dispositif, une évaluation à long terme est nécessaire. Cette évaluation devra mesurer l’impact sur les élèves et la qualité des actions menées. Voici quelques domaines d’effet positif :

  • Remplacement de courte durée
  • Soutien aux élèves en difficulté
  • Accompagnement aux devoirs
  • Projets pédagogiques

Quels enjeux de gestion et de contrôle ?

La gestion du Pacte enseignant repose sur un circuit contractuel avec paiement mensuel anticipé. Ce système vise à garantir une rémunération en amont du service rendu. Des problèmes persistent, notamment dans l’application inégale des outils de gestion des risques. Une approche plus globale du régime indemnitaire est suggérée pour renforcer la lisibilité et l’efficacité du dispositif.

La Cour des comptes recommande un suivi régulier et une clarification du positionnement du Pacte pour garantir son efficacité. Une approche plus globale du régime indemnitaire des enseignants pourrait améliorer la lisibilité et l’efficacité du dispositif. Un suivi régulier est essentiel pour assurer l’acceptation par les enseignants et la pérennité des effets positifs observés.

Fabrice DURAND

Fabrice DURAND

Entrepreneur et passionné par l'orientation professionnelle, j'ai créé terminales.fr pour vous accompagner dans le choix de vos études supérieures. Je suis également responsable du groupe Facebook Orientation scolaire, et de nombreux sites consacrés aux métiers.

3 réflexions au sujet de “Pacte enseignant : ce qu’on leur demande pour être mieux payés est aberrant”

  1. Pour ma part, j’ai choisi le soutien aux élèves en difficulté. J’interviens auprès d’élèves de 6e, entre une heure et une heure trente, les mercredis matin (eh oui, le reste du temps je suis enseignant-directeur de classe unique). Le dispositif permet de prendre en charge les élèves en difficulté et grande difficulté. On y retrouve… les mêmes élèves qu’en élémentaire ! Des élèves qui, pour la quasi totalité, bénéficiaient déjà d’un accompagnement personnalisé en élémentaire et souvent depuis le CP-CE1.
    Mon bilan est plutôt négatif : visiblement, ces élèves, malgré tout le soutien apporté, ne progressent pas plus, car les difficultés rencontrées sont au-delà de la simple acquisition de savoir-faire ou de connaissances. La mise en place du dispositif se heurte aux exigences de services et sur les 36 heures possibles de soutien, il en disparaît prêt d’un quart ! Rendant mon intervention plus irrégulière. La communication avec les collègues enseignants de français ou de maths est très variable et souvent plus sporadique que constructive. Je travaille plus souvent à vue qu’en étroite collaboration. Je renforce donc les fondamentaux. Pour autant, les élèves que j’ai devant moi ne sont pas ignares et les années précédentes de soutien ont porté leurs fruits. Alors pourquoi autant de difficultés pour ces élèves ? C’est en fait leur attitude face au travail qui ne change pas ! C’est le sens qu’ils donnent à leur formation qui ne change pas. Ils savent, ils ont vu et pour beaucoup, c’est là, quelque part, dans leur esprit, mais ils n’utilisent pas ce qu’ils ont appris, ils ne mettent pas en corrélation ce qu’ils savent et l’attendu dans l’exercice. Et j’ai à chaque fois le sentiment d’enfoncer des portes ouvertes mais qui, étrangement, restent fermées : la porte claque, s’ouvre en grand… et se referme aussitôt sur la connaissance abordée ! Ce qui oblige, la fois suivante, à rappeler encore et encore les bases déjà vues. Le problème n’est pas tant dans l’acquisition de la compétence mais dans sa réutilisation et son appropriation. Si les élèves se plient relativement bien à l’exercice hebdomadaire, la volonté n’est pas là, ils ne s’approprient pas ce temps d’accompagnement privilégié. Ils le vivent comme une énième heure de cours et il est souvent difficile de les sortir de ce schéma. En fin de compte, même en cherchant à leur apporter plutôt des savoir-faire, des moyens mnémotechniques ou de résolution de problèmes, des outils d’approche et de compréhension de l’exercice abordé pour qu’ils puissent, ensuite, les réutiliser en classe, j’ai le constat d’un presque échec. Le presque, c’est mon sentiment, le sentiment de leur avoir tout de même accordé… de l’attention ! Et de ressentir, qu’avant de l’aide, ils ont surtout besoin d’attention. Besoin qu’on les aide à donner du sens à leur présence en cours (ou en soutien) mais aussi du sens à pourquoi apprendre ! Autrement dit, après deux ans de dispositif, j’ai la douloureuse impression de mettre un pansement sur une jambe de bois !

    Par contre, pour moi, dans mon travail d’enseignant-directeur de classe unique, c’est un dispositif qui pèse lourd et qui, en fin d’année, contribue à une fatigue intellectuelle et psychologique plus lourde. L’épuisement se fait au détriment même de mon travail, dans ma classe, auprès de mes propres élèves. Et pour compenser ce déficit, c’est sur mon temps personnel, mon temps de vie que je dois puiser ! Certes, j’en retire un salaire, mais il est à des années lumières de l’investissement demandé tant personnel que professionnel !

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  2. Encore un avis catastrophique. Vos constats c’est souvent à la va vite, très torchon.
    Vous parlez des effets positif du RCD (remplacement courte durée). J’espère que votre angle est une blague !

    Votre angle c’est le pacte c’est pas mal, le seul souci cest que c’est pas généralisé…
    Desastreux !

    On va etre clairs, le pacte vis à vis du RCD vise à remplacer les profs quand ils ne sont pas là, après midi de formation par exemple.

    Un professeur qui utilise énormément la formation continue sera remplacé par un professeur qui l’utilise moins.
    Et puisque les formations sont plus imposées aux enseignants des « fondamentaux », ca veut dire que mécaniquement c’est le prof d’arts plastiques (rien contre eux bien au contraire, cet exemple est pris pour exprimer la contradiction avec d’autres discours) signataire du pacte qui va remplacer le prof de maths.

    Et c’est donc tout naturellement qu’en appuyant fortement sur les fondamentaux on donne bien moins de cours de maths et beaucoup plus de cours d’arts pla. Au lieu de 36×3.5h annuelles le prof de maths en fait 18 de moins soit une heure toute les deux semaines soit une perte de 14% de sont taux horaire. Au lieu de 36x1h le prof d’arts pla fait 36×1.5h soit un gain de 50% de ses heures.

    Tout ca pour présenter au prof de maths des outils de manipulation (des cubes, des dés, des cartes…) qui sont bien mais qu’il n’aura jamais en classe faute de moyens. Les inspecteurs essayent de convaincre mais de toute façon on les aura pas ces outils.

    Donc merci d’améliorer la maîtrise des fondamentaux en réduisant le nombre d’heures pour une communication cosmétique.

    Et puisque je ne peux pas me remplacer moi même et que les formations se font par matière, jamais un prof de maths ne va me remplacer.

    On est 70 profs dans mon collège, on arrondit à 72 pour que le calcul soit exact, ce dispositif s’il était adopté par tout le monde reviendrait en nombre d’heures à deux postes supplémentaires à temps plein toute l’année. Et sans avoir besoin de payer au tarif des heures supplémentaires !

    Si réellement tu veux la maîtrise des fondamentaux tu formes encore plus pendant 2 ans les profs en poste fixe, avec le surcout des heures supp tu payes le matériel (à 8e de l’heure c’est vite rentable). Les profs remplaçants, 1 par bahut, sont mutualisés par bassin (il y a besoin de 18 collèges pour que ça tourne, les bahuts les plus en demande ont une densité de population qui permet que ca passe sans que les remplaçants fassent 50 km pour aller bosser) et tournent de bassin en bassin.

    En faisant ça pas de surcout, les remplaçants sont utilisés intelligemment, quand il n’y a pas de formation c’est même possible de dédoubler, les profs n’abandonnent pas leurs classes quand ils vont en formation obligatoire, tu leur payes le matériel….

    Oui on a besoin de plus de monde, pas de moins de monde pour plus de missions ni comme l’article le suggère, que tout le monde fasse ça…
    J’imagine même pas le nombre d’heures perdues que je ne rattraperais jamais si j’attendais que nos 2 collègues d’arts pla soient en formation pour les remplacer, si mon emploi du temps le permet, si les 5 autres collègues de maths ne sont pas en train déjà de remplacer les 2 collègues d’arts pla…

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  3. Alors voici mon expérience, j’avais cours avec une classe de 16 à 17h. Une collègue de maths est absente, la direction propose une heure pacte à ma collègue qui enseigne de l’espagnol comme moi mais qui n’a pas cette classe, Resultat la même classe a eu cours de langue de 15 à 16 avec elle puis avec moi.Sans aucune concertation, pas le temps.Genial!!!

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