Les parcours dans la cybersécurité post-bac

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Un étudiant sur quatre en informatique se dirige aujourd’hui vers la cybersécurité, selon les derniers chiffres de l’enseignement supérieur français. Cette orientation massive reflète une réalité économique : les entreprises hexagonales peinent à recruter dans un secteur où les offres d’emploi ont triplé en cinq ans. « Nous recevons quotidiennement des demandes d’entreprises qui cherchent des profils cybersécurité, du technicien au consultant senior », confirme une directrice des relations entreprises d’une École supérieure d’informatique de Lyon.

Les formations post-bac se multiplient pour répondre à cette demande croissante, depuis les BTS Services informatiques aux organisations jusqu’aux écoles d’ingénieurs spécialisées. Les cursus alternent désormais théorie technique et mise en pratique sur des plateformes de simulation d’attaques, préparant les futurs diplômés aux réalités du terrain. Cette professionnalisation accrue s’accompagne d’une diversification des débouchés : analyste SOC, consultant en sécurité, architecte sécurité ou encore expert en réponse à incidents.

Terminales.fr fait le point sur ces différentes voies d’accès à la cybersécurité et leurs spécificités pour aider les lycéens dans leur choix d’orientation.

Les formations courtes et spécialisées : BTS et Bac Pro

Le secteur de la cybersécurité, qui a généré un chiffre d’affaires de 5 milliards d’euros en 2025, offre des voies d’accès diversifiées dès le niveau bac.

Le Bac pro cybersécurité, informatique et réseaux, électronique (CIEL) constitue une première porte d’entrée avec une formation de 3 ans accessible après la 3e. Ce diplôme couvre la réalisation et maintenance de produits électroniques, la mise en œuvre de réseaux informatiques ainsi que la valorisation de la donnée et cybersécurité. Les diplômés peuvent poursuivre vers un BTS ou s’insérer directement sur le marché du travail.

Le BTS Cybersécurité, accessible dès le BAC, représente une formation de niveau bac+2 particulièrement prisée par les recruteurs. Ingetis, école reconnue dans le domaine, propose ce cursus en formation initiale ou en alternance sur son campus parisien avec une rentrée en septembre. Ce cursus court permet d’acquérir rapidement les compétences techniques nécessaires pour débuter dans le secteur, notamment pour les postes d’analyste SOC avec un salaire débutant de 2 800 euros bruts par mois.

Les cursus universitaires et les formations longues

Le BUT Réseaux et Télécommunications parcours Cybersécurité offre une formation de 3 ans conférant le grade de licence (niveau RNCP 6). Ce parcours propose cinq options spécialisées en 2e année, incluant

  • la cybersécurité,
  • le développement système et cloud,
  • l’internet des objets et mobilité,
  • le pilotage de projets de réseaux,
  • les réseaux opérateurs et multimédia.

Le recrutement s’effectue sur dossier après un bac général ou technologique, avec possibilité de tests et entretien de motivation.

Enfin, le Bachelor Cybersécurité (bac+3) et le Master Cybersécurité (bac+5) permettent d’accéder à des postes à responsabilités.

Pour les étudiants souhaitant approfondir leurs compétences, les formations de niveau bac+3 à bac+5 se multiplient.

Un parcours en formation en cybersécurité pour débutant peut ainsi évoluer vers des fonctions d’ingénieur cybersécurité avec un salaire débutant de 3 200 euros bruts mensuels, pouvant atteindre 5 500 euros pour un profil expert.

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Les débouchés professionnels et perspectives salariales

L’ANSSI recense près de 30 métiers liés à la cybersécurité, répartis en cinq domaines principaux : gestion de la sécurité et pilotage des projets, conception et maintien d’un système informatique sécurisé, gestion des incidents et des crises, conseil et services, ainsi que les métiers connexes. Forbes rapporte l’existence de 15 000 postes à pourvoir en France, illustrant la forte demande du marché.

Les perspectives salariales fluctuent considérablement selon le niveau d’expérience et la spécialisation. Les profils juniors (0-3 ans) peuvent espérer entre 3 200 et 3 800 euros bruts mensuels, tandis que les experts (7 ans et plus) atteignent 6 000 à 8 000 euros. Les postes les plus rémunérateurs englobent :

Poste Salaire mensuel moyen (brut)
Responsable de la sécurité (RSSI/CISO) 7 000 € – 11 000 €
Architecte cybersécurité 5 500 € – 8 000 €
DevSecOps 4 500 € – 7 000 €
Cryptologue 4 500 € – 7 500 €

Les professionnels peuvent également opter pour le statut de freelance avec des taux journaliers moyens (TJM) oscillant entre 400 et 800 euros selon le statut choisi, offrant une flexibilité et une rémunération attractive pour les profils expérimentés.

Quelles certifications professionnelles en cybersécurité ?

Au-delà des diplômes traditionnels, les certifications professionnelles constituent un levier déterminant pour l’évolution de carrière dans la cybersécurité.

L’étude Cybersecurity Workforce 2023 révèle que 78% des professionnels détiennent au moins une certification, contre seulement 45% en 2018. Ces accréditations, reconnues internationalement, permettent de valider des compétences spécialisées et d’accéder à des postes de niveau supérieur. « Les certifications sont devenues un prérequis pour de nombreux postes stratégiques », confirme Jean-Marc Leclerc, directeur technique chez Orange Cyberdefense.

La certification CISSP (Certified Information Systems Security Professional) reste la plus valorisée avec un impact salarial moyen de 15 000 euros supplémentaires par an.

Les certifications techniques spécialisées connaissent une demande croissante sur le marché français. L’OSCP (Offensive Security Certified Professional) pour les tests d’intrusion affiche un taux de réussite de seulement 22% mais garantit une reconnaissance immédiate auprès des employeurs.

La GCIH (GIAC Certified Incident Handler) pour la gestion d’incidents cybersécurité enregistre quant à elle une progression de 340% des candidatures entre 2021 et 2023. Ces certifications coûtent entre 3 500 et 8 000 euros mais sont souvent financées par les entreprises dans le cadre du plan de formation.

Les professionnels certifiés bénéficient d'un avantage salarial de 12 à 25% par rapport à leurs homologues non certifiés.

L’écosystème français développe également ses propres référentiels de certification. L’ANSSI a lancé en 2022 le dispositif SecNumedu qui labellise 47 formations dans l’Hexagone, de bac+3 à bac+8. Cette initiative gouvernementale vise à standardiser les compétences et faciliter la reconnaissance des diplômes par les recruteurs.

Parallèlement, les certifications cloud security connaissent un essor remarquable : AWS Security Specialty et Azure Security Engineer Associate enregistrent respectivement 180% et 220% de croissance des inscriptions en 2023, reflétant la migration massive des entreprises vers le cloud.

  • CISSP : certification généraliste de référence (5 ans d’expérience requis)
  • CISM : management de la sécurité informatique (5 ans d’expérience)
  • CEH : hacking éthique et tests d’intrusion (niveau intermédiaire)
  • CISA : audit et contrôle des systèmes d’information
  • GSEC : compétences techniques fondamentales en sécurité

Les écoles spécialisées dominent l’offre de formation en cybersécurité

Quatre établissements privés se partagent le marché des formations cybersécurité au niveau bachelor :

Guardia School qui propose un Bachelor Développement informatique option cybersécurité structuré en 8 unités d’enseignement, préparant aux métiers de hacker éthique, pentester et développeur sécurité.

Epitech qui développe un Bachelor Cybersécurité couvrant sécurité offensive, cryptographie, intelligence artificielle et forensique, avec une troisième année accessible en alternance ou via un projet entrepreneurial.

EPITA qui se distingue par son Bachelor Cybersécurité incluant un parcours cyberdéfense développé en partenariat avec l’École polytechnique, intégrant stages en première et deuxième années puis alternance en troisième année.

Et enfin, ESIEA qui propose un Bachelor Cybersécurité accrédité CTI et intégré au cycle ingénieur.

Rappelons que le BTS CIEL option A (Informatique et réseaux) constitue l’unique formation courte publique avec un focus réseaux et cybersécurité.

Les formations de niveau master s’articulent autour du MSc Expert Cybersécurité de Guardia accessible post-Bac+3 pour former consultants, analystes SOC et architectes sécurité, de la Majeure Cybersécurité d’ESIEA au niveau Bac+5 préparant aux fonctions de RSSI et auditeur sécurité, et du Mastère Spécialisé de Telecom SudParis destiné aux diplômés Bac+5.

Les admissions parallèles restent possibles aux niveaux Bac+1, Bac+2 et Bac+3 pour les titulaires de BTS, DUT ou Licence informatique, tandis que les formations labellisées ANSSI garantissent au moins 50% de pratique.

La reconnaissance officielle s’appuie sur les certifications RNCP et CTI, critères essentiels à vérifier avant tout engagement.

Amélie (Angers) « je constate une évolution préoccupante du marché en cybersécurité »

Je travaille depuis trois ans dans la cybersécurité après avoir obtenu mon master en alternance, et je constate une évolution préoccupante du marché. Contrairement aux taux de placement de 100% observés il y a quelques années, la réalité actuelle révèle qu’environ un tiers des nouveaux diplômés ne parviennent plus à intégrer directement le secteur. Cette saturation touche particulièrement les domaines techniques traditionnels comme le pentesting et les centres opérationnels de sécurité, devenus extrêmement sélectifs pour les profils juniors.

Mon parcours m’a menée vers la gouvernance et la mise en conformité, secteurs qui offrent encore de réelles opportunités d’embauche pour les débutants. Ces domaines, moins prisés que les aspects purement techniques, permettent néanmoins d’acquérir une vision globale des enjeux sécuritaires. J’ai pu constater que les recruteurs privilégient désormais les candidats ayant développé des projets personnels sur des plateformes comme Tryhackme ou Rootme, ces expériences pratiques faisant souvent la différence lors des entretiens.

L’évolution vers le cloud et l’infrastructure as code représente aujourd’hui les créneaux les plus porteurs, avec une demande soutenue que j’observe quotidiennement dans mon environnement professionnel. Les postes d’architecte restent réservés aux profils expérimentés, mais les fonctions de conseil en régulation offrent une voie d’accès intéressante pour qui souhaite éviter la concurrence acharnée des métiers purement techniques.

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Fabrice DURAND

Fabrice DURAND

Entrepreneur et passionné par l'orientation professionnelle, j'ai créé terminales.fr pour vous accompagner dans le choix de vos études supérieures. Je suis également responsable du groupe Facebook Orientation scolaire, et de nombreux sites consacrés aux métiers.

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