Le baccalauréat est sur le point de changer de visage. Annoncée par le ministère de l’Éducation nationale, une réforme touchera les élèves de première et de terminale dès la rentrée 2025, pour un premier examen remodelé en 2027. Coefficients revus, épreuves modifiées, place du contrôle continu repensée : les contours du bac tel qu’on le connaît aujourd’hui vont évoluer en profondeur.
Pour les lycéens actuellement en seconde, mais aussi pour leurs aînés déjà engagés dans le cycle, ces changements soulèvent des questions concrètes : quelles matières sont concernées, comment les épreuves vont-elles évoluer, et ce qui reste inchangé. Autant d’interrogations légitimes face à une réforme qui touche directement la façon de préparer l’examen.
Terminales.fr fait le point sur tout ce que cette réforme du baccalauréat 2027 implique réellement pour les élèves de première et de terminale.
Une nouvelle architecture du bac 2027 : 60 % d’épreuves terminales, 40 % de contrôle continu
La réforme du Bac 2027 redistribue le poids des épreuves selon une logique désormais bien balisée : les épreuves terminales représentent 60 % de la note finale, tandis que le contrôle continu en constitue les 40 % restants.
Du côté des épreuves terminales, la philosophie est affectée d’un coefficient 8 en voie générale et 4 en voie technologique. Les deux spécialités pèsent chacune un coefficient 16, et le Grand Oral monte à un coefficient 12 en voie technologique contre 8 en voie générale, un signal fort envoyé à l’oral comme compétence d’avenir.
Le contrôle continu, lui, repose sur les moyennes annuelles de première et de terminale. Il se décompose ainsi :
| Matière | Coefficient |
|---|---|
| Histoire-Géographie | 6 |
| Langue vivante A (LVA) | 6 |
| Langue vivante B (LVB) | 6 |
| Tronc commun scientifique | 6 |
| Enseignement moral et civique (EMC) | 2 |
Les options ne sont pas en reste : elles permettent d’engranger des points bonus, offrant ainsi une marge de manœuvre non négligeable pour les élèves qui souhaitent valoriser un parcours singulier.
L’épreuve anticipée de mathématiques en première : une nouveauté pour tous
Épreuve anticipée de mathématiques obligatoire pour tous les élèves de première : voilà l’une des mesures les plus structurantes de cette réforme. Dès la session 2026, chaque lycéen de première, quelle que soit sa voie, devra composer lors de cette épreuve d’une durée de 2 heures, notée sur 20 points avec un coefficient 2.
L’épreuve se divise en deux parties distinctes :
- Partie 1 : notée sur 6 points, elle évalue les automatismes mathématiques via un QCM.
- Partie 2 : notée sur 14 points, elle comprend 2 ou 3 exercices mesurant les connaissances et compétences mathématiques.
La calculatrice n’est pas autorisée, une contrainte qui rappelle que la maîtrise des fondamentaux reste la boussole de l’évaluation. Les programmes mobilisés fluctuent selon les parcours :
- En voie générale avec spécialité mathématiques : programme de première de l’enseignement de spécialité.
- En voie générale sans spécialité mathématiques : programme spécifique intégré à l’enseignement scientifique.
- En voie technologique : programme de première de l’enseignement commun de mathématiques.
Le ministère de l’Éducation nationale met à disposition des « sujets zéro » sur le portail Eduscol pour accompagner la préparation des élèves à cette nouvelle épreuve.
Parcoursup et équité : des garde-fous pour une orientation mieux éclairée
La réforme ne se limite pas aux seules épreuves : elle réorganise également la manière dont les résultats alimentent les dossiers Parcoursup. Les bulletins de première et de début de terminale, ainsi que les notes des épreuves anticipées, sont transmis directement aux établissements du supérieur, une transparence qui donne au dossier scolaire une valeur de miroir fidèle du parcours de l’élève.
Pour éviter que les inégalités entre établissements ne faussent la lecture des dossiers, des commissions d’harmonisation ajustent certaines notes du contrôle continu si nécessaire. Ce filet de sécurité vise à garantir une équité entre lycéens issus de contextes scolaires différents.
Du côté du calendrier, les dates clés à retenir pour la session 2026 sont les suivantes :
- Session de remplacement de l’épreuve anticipée de mathématiques : 26 septembre 2025.
- Début des phases d’admission Parcoursup : 2 juin 2026.
Pour les lycéens professionnels, la réforme prévoit également 2 semaines d’accompagnement personnalisé avant la mi-mars, en amont de la clôture des vœux Parcoursup. Ces semaines peuvent prendre deux formes au choix :
- 2 semaines de formation en milieu professionnel, rémunérées par l’État, en complément des périodes obligatoires déjà existantes.
- 2 semaines de temps d’accompagnement orientées vers la préparation à la poursuite d’études supérieures.
Ce dispositif succède au parcours différencié, qui avait été lancé en 2024-2025 sur 6 semaines, puis ramené à 4 semaines en 2025-2026, une trajectoire qui illustre la volonté d’affiner progressivement les outils sans les alourdir.
Grand Oral 2027 : un exercice profondément reconfiguré
Le Grand Oral ne sort pas indemne de la réforme du baccalauréat 2027. Loin d’un simple lifting, il connaît une refonte de sa structure et de ses ambitions pédagogiques, avec des implications concrètes dès la classe de première.
À partir de la session 2027, le Grand Oral intègre obligatoirement une dimension liée au projet d'orientation de l'élève, évaluée par un jury composé de deux examinateurs dont au moins un professeur de la spécialité concernée.
La durée totale de l’épreuve reste fixée à 20 minutes, mais sa structure interne évolue : la question posée par le jury en lien avec l’orientation de l’élève occupe désormais une place formalisée dans le déroulé, et non plus laissée à la seule discrétion des examinateurs. Ce glissement transforme l’oral en véritable répétition générale du projet post-bac, un miroir tendu vers Parcoursup autant que vers les formations du supérieur.
Du côté de la préparation, plusieurs ressources institutionnelles méritent d’être identifiées :
- Eduscol publie des grilles d’évaluation actualisées et des exemples de questions types pour chaque spécialité.
- Les lycées sont invités à organiser des entraînements au Grand Oral dès la classe de première, dans le cadre de l’accompagnement personnalisé.
- Des webinaires à destination des enseignants sont proposés par les rectorats pour harmoniser les pratiques d’évaluation sur le territoire.
Le coefficient 12 attribué au Grand Oral en voie technologique, contre 8 en voie générale, n’est pas anodin : il signale que l’oral constitue, pour cette filière, un levier de distinction aussi puissant que les spécialités écrites. Une asymétrie qui invite les lycéens technologiques à ne pas sous-estimer cet exercice, souvent perçu à tort comme le parent pauvre des épreuves terminales.
Le bac 2027 réforme les épreuves anticipées, avec des exceptions pour les redoublants
La prochaine réforme du baccalauréat introduit une nouvelle épreuve anticipée de mathématiques, dont les contours s’articulent autour de compétences fondamentales : résolution d’équations, calcul de proportions et de probabilités, ainsi qu’interprétation de données statistiques. Une boussole pédagogique destinée à mieux ancrer les élèves dans le raisonnement quantitatif.
Tous les lycéens ne seront pas logés à la même enseigne : les redoublants de terminale 2026 qui repassent leur bac en 2027 bénéficient d’une dispense de cette nouvelle épreuve, ménageant ainsi une transition sans rupture brutale pour les parcours déjà engagés.
Cette réforme s’inscrit dans un mouvement plus large de rééquilibrage des coefficients. Le Grand Oral, qui pesait jusqu’alors 10 points en voie générale et 14 en voie technologique, voit son architecture remise en question au profit d’une nouvelle répartition des disciplines évaluées.
Voici comment les profs corrigent les copies du baccalauréat 😭😂😂

