Maelle 19 ans : je paye 6000 euros par an pour mon Bachelor mais je vois la différence..

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Un après-midi de printemps à Toulouse. Le soleil perce à travers les vitres d’un petit café étudiant où Léo et Maëlle, tous deux en première année de bachelor, reviennent sur leur parcours. Lui, 19 ans, est passionné de communication digitale. Elle, même âge, a choisi la voie du management culturel. Un an après avoir quitté les bancs du lycée, ils nous livrent leurs galères, leurs victoires, et une vision lucide de ce que signifie vraiment suivre un bachelor aujourd’hui — entre autonomie grisante, anecdotes improbables… et quelques zones floues sur la reconnaissance du diplôme. Un témoignage aussi utile que rafraîchissant.

Quand on quitte le lycée, on s’attend à quoi ? Et vous, qu’est-ce que vous avez trouvé à la place ?

Maëlle : Je m’attendais à des cours un peu plus intéressants, à une ambiance cool. J’étais pas prête pour la charge de travail réelle. Dès la première semaine, on nous a donné un projet à rendre en groupe, avec une soutenance à la clé. J’étais là en mode “mais je connais personne, comment je vais faire ?!”. En fait, tu plonges direct. Mais ce n’est pas une mauvaise chose, parce que ça m’a forcée à parler à des gens, à m’organiser toute seule.

Léo : Ouais, tu passes d’un environnement très encadré à quelque chose de plus flou. Tu peux très bien ne pas aller en cours, personne ne va te courir après. C’est à double tranchant. Au début, je l’ai un peu mal géré. J’ai laissé passer les vidéos de préparation aux cours, je suis arrivé les mains dans les poches à l’amphi… et je me suis ramassé. Maintenant, j’ai compris : si tu veux survivre, t’as intérêt à prendre ton autonomie au sérieux.

Les projets en groupe, les semaines de challenge… ce sont de vrais tremplins ou juste des effets de com’ ?

Léo : Ah non, c’est du concret. On a bossé sur une campagne pour une ONG locale contre le gaspillage alimentaire. C’était une “semaine immersion”, on avait cinq jours pour tout monter. Le dernier jour, alarme incendie en plein pitch. Toute la promo sur le trottoir, et on a fini la présentation dehors, avec un PC sur une poubelle. Et on a gagné le prix ! Comme quoi, faut savoir improviser dans ce monde-là…

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Maëlle : Dans mon cas, on a eu un projet de création d’événement culturel pour une commune de la région. Mon groupe a imaginé un festival autour du patrimoine invisible : les contes, les légendes locales. On a fini par collaborer avec une maison de retraite pour récupérer des témoignages d’anciens. On ne s’y attendait pas, mais c’est devenu super émouvant. Une dame de 94 ans nous a parlé d’un fantôme qui “hantait son école en 1932”. On a même mis ça dans notre brochure !

Vous êtes au courant du débat autour des bachelors ? Certaines universités dénoncent un manque de reconnaissance officielle. Ça vous inquiète ?

Maëlle : Je l’ai découvert en lisant un article qu’une pote m’a envoyé. Franchement, j’ai un peu flippé. On bosse, on paie des frais de scolarité, et à la fin c’est pas certain que ce soit reconnu comme une vraie licence ? C’est quand même chaud. J’aimerais juste que ce soit plus clair.

Léo : Ouais, j’ai vu passer un truc sur le fait que seul le mot “licence” est reconnu officiellement en France pour un bac+3. Et que le terme “bachelor” est utilisé un peu n’importe comment. Ça m’a mis un petit stress. Surtout qu’après, tu veux peut-être faire un master dans le public, et là, si ton diplôme est pas reconnu… Mais bon, je me dis qu’on aura au moins des expériences très concrètes à valoriser. Et j’ai vérifié : mon bachelor est “visé” par l’État, donc ça rassure un peu.

Certains critiques disent que ces cursus sont chers, sélectifs et pas toujours transparents sur leur valeur réelle. Qu’en pensez-vous ?

Maëlle : Oui, c’est cher. Je paye presque 6 000 euros par an, et j’ai dû prendre un petit job à côté. Mais je vois aussi la différence dans l’accompagnement. Les profs te connaissent, te suivent, on te coach même sur ton projet pro. Et puis les matières sont très variées : j’ai eu du droit, du marketing, de la géopolitique… Ça t’ouvre l’esprit, clairement.

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Léo : Je comprends la critique. Mais j’ai vu des potes à la fac être 200 dans un amphi, sans aucun contact avec les intervenants. Ici, on bosse souvent à 20 max, et les intervenants viennent du terrain. J’ai appris en trois mois ce que j’aurais mis deux ans à capter ailleurs. Après, oui, ce serait bien que l’État mette un peu d’ordre là-dedans, qu’on sache une bonne fois pour toutes si on peut appeler ça un diplôme ou juste une formation. Honnêtement, on veut juste de la clarté. Pas du marketing.

Et si vous deviez donner un dernier conseil à un futur étudiant qui hésite encore entre fac, prépa, ou bachelor ?

Maëlle : Je lui dirais : pose-toi deux questions. Tu veux un cadre où on te pousse ou tu veux être autonome ? Tu cherches un diplôme ou une expérience ? Si tu veux apprendre en faisant, que t’as besoin de concret, le bachelor c’est top. Mais sois prêt à t’impliquer, parce que personne ne te portera à bout de bras.

Léo : Et moi je dirais : va voir les lieux, parle aux étudiants. C’est pas juste une question de programme, c’est une ambiance, un mode de vie. Et surtout, ne choisis pas par défaut. J’ai mis du temps à assumer que la fac, c’était pas pour moi. Mais aujourd’hui, je me lève avec envie. Et ça, c’est un bon signe.

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Un an après avoir quitté le lycée, Maëlle et Léo sont loin d’avoir tout résolu, mais ils avancent. Dans un paysage postbac de plus en plus complexe, où les formations se multiplient et où les appellations peuvent parfois semer le doute, leur témoignage éclaire avec sincérité.

Le bachelor, entre liberté, exigence, et incertitudes réglementaires, reste avant tout une aventure humaine. À condition de savoir pourquoi on s’y engage.

Fabrice DURAND

Fabrice DURAND

Entrepreneur et passionné par l'orientation professionnelle, j'ai créé terminales.fr pour vous accompagner dans le choix de vos études supérieures. Je suis également responsable du groupe Facebook Orientation scolaire, et de nombreux sites consacrés aux métiers.

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