Près de 10 millions de jeunes Chinois ont passé le Gaokao, l’examen national d’entrée à l’université. Pourtant, une réforme audacieuse se profile à l’horizon : remplacer cet équivalent du baccalauréat français par un équivalent du master. Cette initiative pourrait bouleverser le parcours éducatif de millions d’étudiants.
Pourquoi un tel changement ? Les autorités chinoises estiment que le système actuel n’est plus en phase avec les exigences du marché du travail et souhaitent renforcer la compétitivité des diplômés. Ce projet suscite de nombreux débats, tant sur le plan éducatif que socio-économique.
Terminales.fr revient sur une réforme qui pourrait redéfinir l’éducation en Chine (et en France ?).
Diplôme insuffisant : le Bac remplacé par le Master
Depuis la reprise économique post-pandémique, la Chine voit son marché du travail saturé par plus de dix millions de jeunes diplômés annuels. Cette pression pousse les étudiants à prolonger leurs études, le niveau « master » devenant un passage incontournable pour accéder à des postes qualifiés.
À l’Université de Pékin, même les étudiants brillants comme Crystale, classée dans les dix premiers pour cent de sa promotion, envisagent de poursuivre en master. Cette situation reflète une mutation du système éducatif, où le diplôme de premier cycle ne suffit plus pour garantir un emploi stable et valorisant.
Les universités chinoises ont réagi en augmentant l’offre de programmes de niveau master, ciblant des domaines clés comme l’ingénierie, la finance et les technologies de l’information. Cette expansion soulève des questions sur la qualité des diplômes délivrés. Les étudiants, malgré un niveau d’éducation élevé, se retrouvent souvent dans des emplois précaires, alimentant un sentiment de désillusion. Le master, autrefois un atout, est désormais nécessaire pour espérer une insertion durable sur le marché du travail chinois.
Conséquences de la surqualification
La surqualification a des répercussions désastreuses sur le marché du travail chinois. L’inflation des diplômes a rendu les critères d’embauche plus stricts, retardant l’entrée des jeunes dans la vie active et augmentant leur dépendance financière. Même avec un master, certains diplômés occupent des emplois peu qualifiés, ce qui nourrit un climat d’incertitude. Pour Crystale et d’autres, poursuivre en master est une réponse à cette réalité économique complexe.
Les autorités chinoises tentent de stimuler l’innovation et la création d’emplois dans les secteurs émergents, mais l’adéquation entre compétences et besoins économiques reste un enjeu. Le taux de chômage des jeunes, obstinément élevé, reflète cette situation. Selon le Bureau national des statistiques, il s’élevait à 14,9 % en mai 2025, contre 14,2 % en mai 2024. Cette augmentation souligne l’urgence d’une adaptation constante des formations.
Le taux de chômage des jeunes reste préoccupant
Le taux de chômage des jeunes en Chine reste préoccupant. En mai 2025, il atteignait 14,9 %, une hausse par rapport à l’année précédente. Ce chiffre, qui concerne les 16-24 ans en zones urbaines hors étudiants, est d’autant plus alarmant que 12,2 millions de nouveaux diplômés entreront sur le marché du travail cet été. Les autorités ont même interdit la publication de ce taux pendant six mois en 2023, lorsqu’il a dépassé les 21 %.
Pour faire face à cette situation, plusieurs ministères ont annoncé des mesures, comme des subventions pour les entreprises embauchant des jeunes chômeurs. Les universités, quant à elles, encouragent les étudiants à prolonger leurs études pour réduire la pression sur le marché de l’emploi. Ce consensus tacite entre le Parti communiste et la population, garantissant le développement en échange d’une absence d’opposition politique, est mis à l’épreuve par ces problèmes économiques.
Période |
Taux de chômage des jeunes |
|---|---|
Mai 2025 |
14,9 % |
Mai 2024 |
14,2 % |
Juin 2023 |
> 21 % (interdiction de publication) |
Vers une réforme éducative nécessaire ?
La situation actuelle en Chine soulève des interrogations sur l’avenir du système éducatif. Les autorités doivent envisager des réformes structurelles pour répondre aux enjeux posés par la surqualification et le chômage des jeunes. L’éducation doit être repensée pour mieux correspondre aux besoins du marché du travail. Cela pourrait inclure une révision des programmes universitaires, en intégrant davantage de compétences pratiques et en favorisant l’apprentissage tout au long de la vie. L’objectif serait de préparer les étudiants à un monde professionnel en perpétuelle mutation, où l’adaptabilité est essentielle.
L’importance de l’orientation professionnelle ne saurait être sous-estimée. Un système d’orientation renforcé pourrait aider les étudiants à faire des choix éclairés dès le secondaire, en tenant compte des perspectives d’emploi et des secteurs en croissance. En Chine, comme ailleurs, il est fondamental que les jeunes soient informés des réalités du marché du travail et des compétences recherchées par les employeurs. Cela pourrait réduire le nombre de diplômés surqualifiés et favoriser une meilleure adéquation entre l’offre et la demande de travail.
L’innovation dans l’éducation pourrait jouer un rôle clé. Les nouvelles technologies offrent des opportunités inédites pour enrichir l’apprentissage et le rendre plus accessible. Les cours en ligne, les plateformes d’apprentissage personnalisées et les outils numériques interactifs peuvent transformer l’éducation traditionnelle. En intégrant ces technologies, le système éducatif chinois pourrait non seulement améliorer la qualité de l’enseignement, mais aussi élargir l’accès à une formation continue, essentielle dans une société où les compétences évoluent rapidement.
Le Gaokao (Baccalauréat) en Chine : Un passage incontournable vers l’université ?
En Chine, le baccalauréat reste une étape essentielle pour accéder à l’enseignement supérieur. Contrairement à certaines rumeurs, il n’existe aucune information indiquant que le pays envisage de remplacer le Bac par un Master. Le système éducatif chinois continue de proposer une progression classique avec des diplômes de premier cycle, suivis de Masters et Doctorats. Ainsi, le Bac demeure l’examen terminal du lycée, ouvrant la voie à l’université.
Les étudiants chinois aspirent à poursuivre leurs études dans des universités qui offrent des formations universitaires classiques après le Bac, incluant Bachelor (équivalent Bac+4), Master et Doctorat. Ce cursus est en ligne avec les standards internationaux, garantissant une reconnaissance mondiale des diplômes chinois. Les étudiants internationaux peuvent également bénéficier de bourses pour étudier en Chine à partir de 2025-2026, renforçant l’attractivité du pays comme destination éducative.
Le maintien du baccalauréat comme examen clé souligne l’importance de cette étape dans le système éducatif chinois. Il n’y a pas de projet officiel ou connu visant à supprimer le Bac, ce qui confirme sa place centrale dans la structure éducative. Les étudiants doivent donc réussir cet examen pour poursuivre des études supérieures, un passage incontournable qui prépare aux problèmes académiques à venir.

Quel est le taux de réussite au GaoKao ?
En 2023, environ 85 % des candidats au Gaokao (soit 10,97 millions sur 12,91 millions) ont été admis dans l’enseignement supérieur en Chine. Ce taux inclut toutes les universités, mais l’accès aux établissements prestigieux (comme les universités du projet 985 ou 211) reste extrêmement compétitif, avec des taux souvent inférieurs à 2 % selon les régions. Le taux global a fortement augmenté depuis 1999 grâce à l’expansion massive du nombre de places à l’université.