Face à un refus sur Parcoursup, de nombreux étudiants se retrouvent désorientés, sans comprendre les motifs de leur non-admission. Manque de cohérence dans les vœux, profil jugé inadapté ou simplement incertitude sur l’orientation : les raisons sont variées. Heureusement, une formation spécifique permet de repenser son projet d’avenir en toute sérénité : le diplôme d’établissement PaRéO.
Le DE PaRéO : une année pour se (re)trouver
Le DE PaRéO – Parcours pour Réussir et s’Orienter – est une formation d’un an post-bac accessible via Parcoursup. Il s’adresse aux bacheliers hésitants ou aux étudiants en réorientation. L’objectif ? Offrir un cadre structurant pour construire ou clarifier un projet d’études, tout en développant des compétences utiles pour le supérieur.
- Public concerné : bacheliers sans projet défini, étudiants en reconversion
- Durée : 1 an
- Objectifs : affiner son orientation, renforcer les savoirs fondamentaux, expérimenter le monde professionnel
Un accompagnement pédagogique et professionnel personnalisé
Les étudiants du DE PaRéO bénéficient d’un encadrement spécifique :
- Suivi individuel et collectif sur les questions d’orientation
- Découverte de plusieurs filières pour faciliter les choix futurs
- Stages obligatoires en entreprise d’une durée minimale de 4 semaines
Ces expériences sont enrichies par des ateliers pratiques : rédaction de CV, lettres de motivation, entretiens, etc., ainsi que par des immersions dans divers cursus pour tester leurs appétences.
Des contenus de formation variés et adaptés
Le programme pédagogique repose sur un tronc commun axé sur les compétences de base :
Compétences transversales |
Activités complémentaires |
|---|---|
Français, mathématiques, langues étrangères |
Prise de parole en public, sport, sorties culturelles |
L’ensemble vise à consolider les acquis scolaires tout en favorisant l’ouverture sociale et culturelle, essentielle à la réussite post-bac.
Un tremplin vers l’avenir
À l’université de Caen, le dispositif PaRéO est soutenu par une équipe pluridisciplinaire. Son responsable, Grégory Simon, souligne l’importance de ce programme pour répondre à l’angoisse et au décrochage que peuvent ressentir certains jeunes. En permettant une année de réflexion active, le PaRéO évite des orientations précipitées et facilite l’insertion dans l’enseignement supérieur ou le monde du travail.
La liste complète des DE PaRéO :
Académie |
Établissement |
Nom du DE PaRéO |
|---|---|---|
Bordeaux |
Noschool – Institut de formation pour l’emploi et l’entrepreneuriat |
DE PaRéO |
Bordeaux |
Université Bordeaux Montaigne |
DE PaRéO |
Corse |
Université de Corse |
DE PaRéO |
Créteil |
Université Sorbonne Paris Nord |
DE PaRéO |
La Réunion |
Université de La Réunion – Site du Tampon |
DE PaRéO |
La Réunion |
Université de La Réunion – Site de Saint Denis |
DE PaRéO – CPESIP |
Lille |
Université d’Artois |
DE PaRéO – Avenir |
Lyon |
ICO – Institut catholique de Lyon |
DE PaRéO |
Mayotte |
CUFR – Centre universitaire de Mayotte |
DE PaRéO |
Montpellier |
Université de Montpellier 3 – Site de Montpellier |
DE PaRéO |
Montpellier |
Université de Montpellier 3 – Site de Béziers |
DE PaRéO |
Nantes |
Université d’Angers |
DE PaRéO |
Nantes |
UCO – Institut catholique de l’Ouest |
DE PaRéO |
Nice |
Université de Toulon |
DE PaRéO |
Normandie |
Université de Caen Normandie |
DE PaRéO Osez votre avenir |
Paris |
IPC – Facultés libres de philosophie et de psychologie |
DE PaRéO – PREFCO |
Poitiers |
La Rochelle Université |
DE PaRéO |
Polynésie |
Université de la Polynésie française |
DE PaRéO |
Rennes |
Université de Bretagne Sud |
DE PaRéO Agir pour s’orienter |
Rennes |
Université de Rennes 1 |
DE PaRéO ORA |
Rennes |
Université de Rennes 2 |
DE PaRéO ORA |
Strasbourg |
IUT Louis Pasteur de Schiltigheim |
DE PaRéO AccES |
Toulouse |
Université Toulouse III Paul Sabatier |
DE PaRéO R2D2 |
Versailles |
CY Cergy Paris Université |
DE PaRéO@CY |
Versailles |
Université Paris-Saclay |
DE PaRéO 3R |
Versailles |
Université d’Évry Val d’Essonne |
DE PaRéO Prep’Avenir |
Marine T. (conseillère d’orientation) : les dessous du DE PaRéO
C’est dans le petit bureau au fond du couloir du deuxième étage d’un lycée, dans une ville de province au charme discret, que Marine T., 38 ans, nous reçoit. Autour d’elle, des affiches colorées sur les métiers de demain, des brochures de l’Onisep empilées comme des cartes au trésor, et un tableau rempli de post-it griffonnés par des élèves en quête de sens.
Marine n’est pas qu’une conseillère d’orientation : elle est une confidente, une guide, parfois même une bouée pour ces jeunes qui se noient dans l’angoisse de l’après-bac. Aujourd’hui, elle nous parle d’un dispositif encore méconnu : le DE PaRéO.
Marine, beaucoup de jeunes vivent très mal les refus sur Parcoursup. Que leur dites-vous dans ces moments-là ?
Je les rassure, d’abord. Ils arrivent souvent avec la boule au ventre, les mains moites, et les yeux pleins de doutes. Il y a cette impression d’échec, de “je ne vaux rien”, alors qu’en réalité, ce n’est qu’un système de tri, pas une sentence. Je me souviens d’un élève, Théo, qui avait postulé en prépa littéraire, en BTS commerce, en IUT info-com… Il n’avait rien eu. Et pour cause, son dossier ne respirait pas la cohérence. Quand je lui ai parlé du DE PaRéO, il m’a regardée comme si je lui proposais une seconde chance. Il a accepté. Aujourd’hui, il prépare une licence en médiation culturelle. Il m’écrit parfois : “Heureusement que j’ai pu me perdre une année pour mieux me retrouver.”
Justement, le DE PaRéO, c’est quoi exactement, et pourquoi ça marche ?
C’est une année pour souffler, réfléchir, tester. Une sorte de sas entre le lycée et le monde universitaire, un peu comme une zone tampon où l’on peut tâtonner sans se cramer les ailes. Les étudiants découvrent différentes disciplines, bénéficient de cours de remise à niveau, participent à des ateliers d’orientation et, surtout, partent en stage. Le stage, c’est souvent le déclic. J’ai vu une élève, Mathilde, qui voulait être psychologue parce que “ça a l’air cool”. Elle a fait un stage en EHPAD et est revenue bouleversée. Elle m’a dit : “Je veux faire quelque chose d’utile, mais pas forcément en blouse blanche.” Elle s’est réorientée vers une formation d’éducatrice spécialisée. Sans cette expérience, elle aurait probablement abandonné en L1 psycho.
Les parents ont-ils conscience de cette option ? Quelle est leur réaction ?
Pas toujours, et parfois c’est compliqué. Certains voient le DE PaRéO comme une année perdue, une voie de garage. Il faut leur expliquer que ce n’est pas une année blanche, mais une année de transition stratégique. J’ai eu un père, un ancien militaire, qui m’a dit : “Chez moi, on choisit et on assume.” Sa fille, Léa, avait 16,7 de moyenne mais aucune idée de ce qu’elle voulait faire. Elle est allée en licence de droit, a tenu trois semaines. Après beaucoup de discussions, elle a intégré un DE PaRéO. Elle a découvert la sociologie et la gestion de projet. Aujourd’hui, elle est en école de communication. Son père ? Il est venu me remercier en m’offrant une boîte de chocolats. Et il a ajouté, un peu gêné : “Finalement, c’est pas mal de réfléchir avant d’agir.”
Quels sont les défis que vous observez autour de Parcoursup et de l’orientation en général ?
Le principal défi, c’est la pression. Elle vient de partout : des familles, des profs, des pairs, des réseaux sociaux. On leur demande de savoir ce qu’ils veulent faire pour les 40 prochaines années à 17 ans, alors qu’ils ne savent même pas cuisiner un œuf. Et puis, il y a l’effet “Parcoursup ou le néant”. Les élèves pensent que s’ils ne passent pas par la plateforme, c’est la fin. Je leur dis toujours : “Il existe des chemins de traverse, et parfois, c’est là que tu trouves ton trésor.” Le DE PaRéO, c’est exactement ça. C’est dire aux jeunes : tu n’es pas hors-jeu, tu es juste en train de te préparer.
Et vous, personnellement, qu’est-ce qui vous touche le plus dans ce dispositif ?
Ce sont les moments de bascule. Ce moment où un jeune, perdu, s’autorise à rêver à nouveau. Un jour, j’ai vu une élève s’effondrer en pleurs parce qu’elle pensait être “trop nulle pour tout”. Trois mois plus tard, elle animait un atelier théâtre dans une maison de quartier. Elle m’a dit : “C’est la première fois que je me sens utile.” C’est ça, la magie du PaRéO. Ce n’est pas une baguette magique, mais c’est une lanterne dans le brouillard. Et parfois, c’est tout ce dont on a besoin pour avancer.
Les perspectives et les défis du dispositif
Le principal enjeu reste de valoriser cette année d’orientation et d’éviter qu’elle soit perçue comme une « année blanche ». Pour cela, les universités partenaires multiplient les initiatives :
- Renforcer les liens avec les entreprises et les institutions régionales
- Valoriser les métiers en tension et peu connus
- Impliquer les centres d’orientation et les rectorats pour guider les jeunes vers ce parcours

