Un matin de mai à Paris, dans une salle de classe ensoleillée du 5e arrondissement, Estelle nous accueille entre deux copies. À 42 ans, elle enseigne les mathématiques dans un grand lycée parisien, tout en étant correctrice et examinatrice pour le baccalauréat. Une pile de copies sur son bureau, un mug « Pi-thon lover » à la main, elle incarne cette génération d’enseignants passionnés, rigoureux mais humains, qui connaissent chaque pli du programme.
En cette fin d’année scolaire, alors que plus de 500 000 élèves se préparent à l’épreuve de spécialité, Estelle partage ses conseils, ses intuitions… et quelques anecdotes croustillantes issues des coulisses du bac.
Estelle, chaque année, les élèves veulent savoir : à quoi faut-il s’attendre pour le bac de maths 2025 ? Avez-vous un pronostic ?
Je n’ai pas de boule de cristal, malheureusement (rire), mais avec l’expérience, on repère certains schémas. Cette année, 2025 étant une année impaire, je penche pour un retour en force des fonctions exponentielles, comme en 2023. Et puis les probabilités, les suites définies par récurrence et la géométrie dans l’espace sont quasi incontournables. J’ai le pressentiment qu’on aura un bon vieux calcul intégral bien placé en Exercice 1, avec un contexte médical ou écologique. Ils aiment bien ça ces derniers temps, ça parle aux élèves… enfin, parfois.
Vous parliez de géométrie dans l’espace… Des souvenirs marquants sur ce thème à nous partager ?
Ah, oui ! L’année dernière, un élève m’a rendu une copie avec un dessin en 3D… fait à la main, très artistique, mais complètement hors sujet ! Il avait mal interprété la consigne. Il avait dessiné un plan, deux droites, des vecteurs, le tout très esthétiquement, avec des ombrages et même un petit avion qui volait au-dessus. J’ai mis un post-it : “Chef-d’œuvre, mais ce n’est pas l’épreuve de dessin technique.” J’ai quand même mis des points pour l’effort de représentation… on n’est pas des robots !
Et côté sujet nord-américain de mai dernier ? Une base de révision fiable selon vous ?
Oui, complètement. Les sujets nord-américains donnent souvent le ton. Le 21 mai, ils ont eu un exercice sur les suites par récurrence, un arbre pondéré et un bon gros pavé de géométrie vectorielle dans l’espace. C’est très parlant. D’ailleurs, j’ai conseillé à mes terminales de s’en servir comme base d’entraînement. S’ils arrivent à maîtriser ce sujet, ils peuvent dormir un peu plus sereinement la veille du bac. Bon, pas trop non plus (sourire).
Quels sont selon vous les exercices ou thématiques qui piégeront les candidats en 2025 ?
Le fameux intervalle de confiance ! À chaque fois, ça coince. Les élèves confondent “intervalle de fluctuation” et “intervalle de confiance”, alors qu’ils n’ont pas du tout la même finalité. L’an dernier, un élève m’a écrit : “Je suis confiant, donc c’est un bon intervalle.” J’ai ri, mais j’ai aussi eu un petit pincement au cœur. Ces confusions viennent souvent d’un manque d’entraînement sur des situations concrètes. Et les questions ouvertes, du type : “Interprétez le résultat dans le contexte,” ça, c’est redoutable. Parce qu’il faut comprendre, pas juste appliquer une formule.
On sent que vous êtes très investie. Qu’est-ce qui vous motive, année après année ?
Les élèves. Certains arrivent en cours en me disant : “Madame, les maths c’est pas pour moi.” Et puis, quelques mois plus tard, ils arrivent à démontrer par récurrence que leur suite converge, et ils ont un sourire jusqu’aux oreilles. Ce déclic, ce moment où ils se sentent capables… C’est pour ça que je fais ce métier. Même si corriger 120 copies à la suite, c’est un sport d’endurance (rire).
Et si vous aviez un conseil unique à donner aux lycéens qui s’apprêtent à passer l’épreuve ?
Révisez malin, pas juste beaucoup. Travaillez les annales, ciblez les grands classiques (primitives, exponentielles, suites, probas…), et surtout, entraînez-vous à rédiger. La rigueur du raisonnement vaut souvent plus que le bon résultat. Et enfin : respirez. Le bac, c’est important, mais ce n’est qu’un début. Vous valez plus que votre note de maths !
Alors que l’épreuve approche à grands pas, les mots d’Estelle résonnent comme un mélange rassurant de réalisme et de bienveillance. Pas de certitudes sur le sujet exact, mais une chose est sûre : les mathématiques, comme la vie, se jouent aussi dans l’imprévu… avec un bon schéma de Bernoulli à l’appui.
Pour aller plus loin dans vos révisions, consultez notre exemple de sujet de révisions pour les maths en 2025.



Intervalle de fluctuation et de confiance ???
Si ça tombe au bac,je t’invite au restau chère collègue 😉
Oui